France 4 : Comment est né ce projet de documentaire?
Olivier Delacroix : Je voulais me rapprocher du style anglo-saxon où le reporter est en permanence à l’image, où on le suit. Je pense que ce procédé permet d’être le véritable relais du téléspectateur, et de l’impliquer beaucoup plus dans ce qui se passe. France 4 a été sensible à cette démarche…et me voilà.
F4 : Quel est l’objectif visé dans vos documentaires ?
O.D : Je pars du principe que je ne sais rien, en tous les cas pas grand chose ou plus précisément que j’ai toujours quelque chose à apprendre lorsque je décide de m’immerger dans un milieu au lieu de le survoler. L’objectif est donc d’aller à la rencontre des gens et d’arriver à créer un lien assez fort pour qu’ils se livrent le plus possible.
F4 : Quelle patte souhaitez vous mettre dans ces reportages ?
O.D : J’aimerais qu’ils respirent l’humain…cette proximité avec les gens, cette facilité à les mettre à l’aise, je l’ai dans ma vie de tous les jours. Alors le but est d’arriver à la même chose devant des caméras.
F4 : Olivier Delacroix, votre parcours est assez atypique…
O.D : D’abord parce que je considère que se modifier le corps est un acte fort. Un acte de liberté. Et puis l’idée qu’en France on a du mal avec cette culture me semble complètement déplacée. Un rapport de l’académie de médecine décrit les tatoués comme des êtres pervers ou déviants, des homosexuels, des drogués… Je pense que ces raisonnements sont réducteurs et appartiennent à une autre époque. J’ai toujours été du côté des indiens… pas des cow-boys.
F4 : Qu’est ce que vous avez appris ?
O.D : J’ai appris que se tatouer, se percer, se scarifier ou se mettre un implant était quelque chose de très intime. J’ai appris qu’opérer ce type de transformation avait un sens fort pour ceux qui le faisaient et qu’on était loin du monde de l’exhibition superficielle qu’on aurait pu imaginer. Je dois dire que je n’ai pas arrêté d’être touché par tous ceux que j’ai croisé au cours de ce tournage.
F4 : Quels sont les thèmes a venir ?
O.D : Nous sommes dans la transformation, qu’elle soit vestimentaire, corporelle ou qu’elle touche à l’environnement proche. Donc la suite des événements va nous emmener à la rencontre du monde du culturisme. Ensuite, ce sont les gothiques et toutes les tendances qui entourent cette culture que nous allons découvrir. On finira la saison avec les passionnés de tuning !!! Ca m’éclate de passer d’un univers à l’autre et de faire le grand écart à chaque fois.